Les premiers géants Batisse et Zabelle sont nés d’une décision de la commission des fêtes de la ville en 1923. Afin de respecter la tradition qui voulait que chaque géant ait son chant, un concours a été lancé ; la chanson pouvait être en français ou en patois boulonnais, la musique devait être un air populaire de marche. Sur les seize envois reçus, le jury choisit la chanson de Louis Moreau (1878-1965), un Boulonnais de Paris qui sera ultérieurement trésorier des Rosati et compositeur de chansons et de monologues en patois boulonnais.
La chanson fut imprimée et vendue 50 centimes lors de la sortie des géants à, Boulogne, le 23 septembre 1923. Elle fait partie du répertoire des Soleils boulonnais, qui l’ont notamment interprétée le 30 novembre 2001, à l’occasion du vernissage consacré aux géants par la Chambre de commerce de la ville.
Le premier couplet est le suivant :
« C’qui n’a d’ pus biauw dins Bouilonne
C’et pont l’ Digu’ ni l’ plac’ Dalton
Ni les rimparts ni l’ Colonne
C’ n’est ni l’tunnel ed Brecqu’recke
Ni les barqu’s à fu d’, no Port
Ni les grands chalutiers d’ pêque
Ni les fabriques d’hérings saurs…
Nan ! C’qui faut raviser
J’vas vous dir’ quo c’est qu’ c’est
C’est no Matlott’, c’est no Zabelle
Eun’ femm’ qu’all n’a pont sa parelle
Alle a l’tall fine et l’ corsage arbondi
Et pis aveuc ça n’a pont l’air ingourdi.
Sin bon ami c’est l’ fiu Batisse
Ein franc matt’lot qui n’a pont d’vice
Et dins Saint-Pierre Ah Man Diu qué plaisir
Zabelle et Batisse qué plaisir ed vous vir. »
Les couplets suivants racontent leur rencontre à la foire puis au bal, leur mariage et leur vie de famille, et font l’éloge des populations maritimes (« Car d’ins l’ marin, Ui Da, / C’est tout brav’ zins comm’ ça »’).
D’autres chansons ont été depuis consacrées à ces deux figures, en lien avec les résurgences successives des deux figures, dont une en 2003 par Marc Gosselin, intitulée « Sur vos pas de géants » et chantée par Cap Trad.
