La pratique religieuse chez les marins boulonnais a toujours été quelque chose d’important. Ce phénomène est notamment dû aux dangers encourus par les marins dont bon nombre ont péri en mer, ce qui a été – et est toujours – source de traumatismes chez les familles de marins. Cette pratique religieuse se manifeste notamment par les noms des bâteaux (très souvent au nom des saints protecteurs des marins comme Marie la Vierge Nautonière, Saint Pierre ou Saint Nicolas) mais aussi les manifestations d’hommages aux disparus doublés à une bénédiction de la mer. Ces événements, malgré l’importante diminution de la flottille boulonnaise et le recul de la pratique religieuse, se maintiennent dans bon nombre de villes maritimes, notamment sur la Côte d’Opale.
Les paroisses, en lien avec les associations patrimoniales, consacrent une célébration religieuse à la mémoire des marins péris en mer. À la fin de celle-ci, une procession est organisée, avec la sortie des tenues encore aujourd’hui revendiquée comme « traditionnelles », portées pour cette occasion à la fois par des groupes folkloriques que par des habitants ayant cette pratique annuelle à cœur (qui se transmet souvent de manière intra-familiale). Ces processions mènent généralement de l’église au bord de la mer, au niveau d’un élément remarquable comme le calvaire des marins, quand la ville en est pourvue. Certaines façades de la ville se parent même de filets de pêche fleuris. La célébration se poursuit par un rapide moment d’hommage aux marins péris en mer et à leurs familles, ainsi que par la fameuse bénédiction de la mer par le prêtre.
Les dates varient selon les villes. Audresselles, Etaples, Merlimont ou Berck réalisent leurs célébrations le 15 août, quand Le Portel l’effectue le dimanche suivant la fête de Saint-Pierre (généralement le premier dimanche de juillet) et Equihen-Plage le jeudi de l’Ascension.