{"id":1045,"date":"2024-10-21T15:53:30","date_gmt":"2024-10-21T13:53:30","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoinesinvisibles.com\/?p=1045"},"modified":"2026-02-05T12:19:49","modified_gmt":"2026-02-05T11:19:49","slug":"les-chansons-du-carnaval-de-dunkerque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/patrimoinesinvisibles.com\/index.php\/2024\/10\/21\/les-chansons-du-carnaval-de-dunkerque\/","title":{"rendered":"Les Chansons du carnaval de Dunkerque"},"content":{"rendered":"\n<p>Les chansons de carnaval sont un terme g\u00e9n\u00e9rique qui d\u00e9signe les chansons \u00e9labor\u00e9es au XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle par les soci\u00e9t\u00e9s chantantes dans le Nord et le Pas-de-Calais, imprim\u00e9es et vendues au moment du carnaval de fa\u00e7on d\u00e9rogatoire. La plupart sont bien oubli\u00e9es, m\u00eame si des fonds importants subsistent dans certaines biblioth\u00e8ques de la m\u00e9tropole lilloise. Mais \u00e0 Dunkerque, aujourd\u2019hui encore, les chansons ont encore une place significative dans le carnaval. Dans les bandes, la musique est centrale&nbsp;; on d\u00e9file musique en t\u00eate, en suivant un tambour-major, en costume militaire de l\u2019Empire, qui indique les moments o\u00f9 il faut avancer ou s\u2019arr\u00eater et fait le choix du r\u00e9pertoire.&nbsp;&nbsp;La foule des carnavaleux suit la musique, et entonne \u00e0 tue-t\u00eate les airs en question, et d\u2019autres plus r\u00e9cents (venus parfois du stade et de la publicit\u00e9 audio), sans compter les \u00ab&nbsp;la la la&nbsp;\u00bb de ceux qui ne connaissent pas les paroles. \u00c0 la fin du parcours, la r\u00e9union autour du kiosque, pour l\u2019interpr\u00e9tation de la \u00ab&nbsp;Cantate \u00e0 Jean Bart&nbsp;\u00bb, est un moment fort, marqu\u00e9 d\u2019\u00e9motion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l\u2019on appelle \u00ab&nbsp;chanson&nbsp;\u00bb dans ce contexte se r\u00e9sume parfois \u00e0 un seul refrain, \u00e0 un couplet et un refrain. Le texte est cens\u00e9 faire rire, se retenir facilement, et \u00eatre hurl\u00e9 de concert dans les bals et les bandes. Les airs sont des airs connus, g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s simples.<br>Les chansons sont programmatiques, elles invitent ceux qui les chantent \u00e0 faire la f\u00eate&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est la bande de la citadelle \/ on va rentrer compl\u00e8tement plein \/ De chez Zizine \u00e0 chez Borel \/ On va chanter ce gai refrain&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;La Citadelle&nbsp;\u00bb). Elles \u00e9voquent les figures et les formes traditionnelles du carnaval (\u00ab&nbsp;Figueman&nbsp;\u00bb), la p\u00eache en Islande, des \u00ab&nbsp;personnalit\u00e9s&nbsp;\u00bb g\u00e9n\u00e9riques (la belle-m\u00e8re, la cabareti\u00e8re, les comm\u00e8res de la rue St Gilles) ou singuli\u00e8res (l\u2019Oncle C\u00f4, Mano\u00f4t\u2019che, Chantal, Rosalie, Marie-Patate).Ce&nbsp;sont des parodies, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont chant\u00e9es sur des airs connus, soit de tradition (\u00ab&nbsp;Malbrouck&nbsp;\u00bb, des airs traditionnels flamands, des marches militaires) soit, plus souvent des chansons qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la mode (\u00ab&nbsp;Je cherche fortune&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Si tu veux faire mon bonheur&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Funiculi-Funicula&nbsp;\u00bb). Un nouveau couplet d\u00e9tourne parfois la chanson mentionn\u00e9e. Ainsi, \u00e0 la formule initiale&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si tu veux faire mon bonheur, \/ Marguerite, Marguerite\/ Si tu veux faire mon bonheur, \/ Marguerite donnes-moi ton c\u0153ur&nbsp;\u00bb, on ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;Marguerite a r\u00e9pondu\/ Si t\u2019es sage, si t\u2019es sage\/ Marguerite a r\u00e9pondu \/&nbsp;Si t\u2019es sage, t\u2019auras mon cul.&nbsp;\u00bb<br>Lire les textes seuls ne rend pas du tout compte de ces chansons. Elles n\u2019existent pas comme litt\u00e9rature, comme po\u00e9sie, mais comme pratique festive et collective. Prises au premier degr\u00e9, nombre d\u2019entre elles ont une dimension scatologique&nbsp;qui renvoie \u00e0 une tradition imm\u00e9moriale dans la culture populaire. On chante par exemple&nbsp;: \u00ab&nbsp;Va vite vider l\u2019pot d\u2019chambre \/ Sur la t\u00eate \u00e0 ma tante \/ Va vite vider l\u2019pot d\u2019pisse \/ Sur la t\u00eate \u00e0 Maurice&nbsp;\u00bb (Le Tram) ou encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;Rosalie, t\u2019a piss\u00e9 dans ton lit&nbsp;\/ Tu n\u2019es pas honteuse, pisseuse, pisseuse \u00bb (Rosalie). Il est beaucoup question de cul, de trou de balle (Chantal, Marie-Patate, La Femme \u00e0 N\u00e8che), de sexe, avec une certaine inventivit\u00e9 lexicale. Le patois n\u2019est plus employ\u00e9 dans toute la chanson, mais seulement dans certaines expressions qui font le pittoresque du corpus, notamment pour \u00e9voquer le sexe masculin&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;biroute&nbsp;\u00bb (On vient d\u2019fonder une soci\u00e9t\u00e9), \u00ab&nbsp;wiche&nbsp;\u00bb (Un wiche, un wiche), \u00ab&nbsp;stekebeille&nbsp;\u00bb,&nbsp;\u00ab&nbsp;sweckt\u2019che&nbsp;\u00bb (La Rue des m\u2019tites jupes), en concurrence avec des m\u00e9taphores&nbsp;: \u00ab&nbsp;Va laver ta moule \/ tu vas salir mon bigoudi&nbsp;\u00bb (Deux sous d\u2019beultekaze). \u00ab&nbsp;Ah c\u2019qu\u2019il est beau quand t\u2019es au lit \/ ton macaroni&nbsp;\u00bb (Les Macaroni), \u00ab&nbsp;Il a dans son kanne\u00e7on \/ un joli saucisson&nbsp;\u00bb&nbsp;(Ah L\u00e9on, ah Louise), etc. Les chansons sont g\u00e9n\u00e9ralement sexistes&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 la tienne Etienne \/ \u00c0 la tienne mon vieux \/ Sans ces garces de femmes \/ nous serions tous des fr\u00e8res&nbsp;\u00bb (\u00c0 la tienne, Etienne). Une misogynie flagrante s\u2019y exprime, par exemple dans \u00ab&nbsp;La femme qui m\u2019aura&nbsp;\u00bb (\u00e0 laquelle le locuteur promet \u00ab&nbsp;des coups de poing sur la gueule&nbsp;\u00bb) ou dans \u00ab&nbsp;Raymonde&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Raymonde elle a un gros derri\u00e8re\/ elle a aussi un sacr\u00e9 d\u2019vant&nbsp;\/ Tout l\u2019monde l\u2019dit que c\u2019est la bi\u00e8re \/ Quelle \u00e9tait pas comme \u00e7a avant \/ Dans l\u2019temps c\u2019\u00e9tait pas une belle fire \/ On disait \u00ab&nbsp;Tiens, bah, v\u2019la Raymonde&nbsp;\u00bb \/ Asteure, avec c\u2019qu\u2019elle schnike, c\u2019est pire \/ On dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tiens, v\u2019la la grosse Raymonde \u00bb.&nbsp;<br>Tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ce style, la Cantate \u00e0 Jean Bart a un statut particulier dans le contexte du carnaval dunkerquois. Il s\u2019agit d\u2019un chant \u00e9crit \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019inauguration de la statue du c\u00e9l\u00e8bre corsaire dans sa ville natale, en 1845. Le texte est sign\u00e9 par Joseph Fontemoing (au notable dunkerquois, auteur de cantates \u00e0 la gloire de Calais et de Dunkerque pr\u00e9c\u00e9demment) et la musique due \u00e0 David Riefenstahl (professeur de musique de la commune pendant trente ans). Le texte de la cantate est d\u2019un niveau de langue \u00e9lev\u00e9&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Jean Bart, Jean Bart,&nbsp;\/ Salut \u00e0 ta m\u00e9moire,&nbsp;\/ De tes exploits tu remplis l\u2019univers.&nbsp;\/ Ton seul aspect commandait la Victoire, \/ Et sans rival, tu r\u00e9gnas sur les mers. \/ Jusqu\u2019au tombeau, France, m\u00e8re ador\u00e9e,&nbsp;\/ Jalouse et fi\u00e8re d\u2019imiter ta valeur \/ Nous d\u00e9fendrons ta banni\u00e8re sacr\u00e9e \/ Sur l\u2019oc\u00e9an, qui fut ton champ d\u2019honneur (<em>bis<\/em>) \/ Jean Bart, Jean Bart, \/ La voix de la Patrie \/ Redit ta gloire et ton nom immortel&nbsp;\/ Et la cit\u00e9 qui te donna la vie&nbsp;\/ \u00c9rigera ta statue en autel (<em>bis<\/em>)&nbsp;\u00bb. La musique de la cantate diff\u00e8re tout autant de celle des chansons&nbsp;: c\u2019est une musique \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb, \u00e9crite, harmonis\u00e9e. Conform\u00e9ment \u00e0 la conclusion du texte, \u00e0 tonalit\u00e9 religieuse, le soir de la bande de Dunkerque, la foule des carnavaleux converge vers la statue du h\u00e9ros, se met \u00e0 genoux et entonne le premier couplet et le refrain, dans une \u00e9motion sensible.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chansons du carnaval de Dunkerque sont faites pour \u00eatre test\u00e9es et entonn\u00e9es sans accompagnement, dans les chapelles&nbsp;; elles sont chant\u00e9es sur le son des fifres et des tambours lors des bandes. En outre, dans les bals, figure parfois le texte de certaines d\u2019entre elles. Par exemple, lors du bal de l\u2019oncle C\u00f4 de f\u00e9vrier 2023 au Kursaal de Dunkerque, on pouvait lire sur les banni\u00e8res entourant un podium les paroles de plusieurs chansons, imprim\u00e9es sur une image de carnavaleux&nbsp;: Raymonde, La Citadelle, La Rue des m\u2019tites jupes, Qu\u2019est-ce qu\u2019on chante en arrivant, Deux Sous d\u2019beutelkaze, Le Tram, La Femme qui m\u2019aura, La Musique \u00e0 Papa, Rosalie,<em>&nbsp;etc<\/em>&nbsp;En faisant le tour du podium, on retrouvait donc une bonne cinquantaine de chansons, sans ordre apparent. Ces textes ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre lus et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s par les spectateurs&nbsp;: ils sont l\u00e0 pour exprimer la tradition du carnaval, ainsi que les images peintes suspendues aux cintres, repr\u00e9sentant le port, les p\u00eacheurs, le portrait de tambours-majors r\u00e9put\u00e9s.&nbsp;<br>Les chansons du carnaval de Dunkerque sont un ingr\u00e9dient majeur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, relay\u00e9 par les m\u00e9dias. Les magazines locaux leur consacrent des articles au moment voulu. En f\u00e9vrier 2011,&nbsp;<em>Dunkerque magazine<\/em>&nbsp;n\u00b0215 propose un article un peu plus de quatre pages, illustr\u00e9es d\u2019images d\u2019archives et de photos de carnavaleux en pleine action, dans la rubrique \u00ab&nbsp;Loisirs&nbsp;\u00bb (pp. 28-32). Il montre la vari\u00e9t\u00e9 des airs choisis, \u00e9voque Hippolyte Bertrand, chansonnier c\u00e9l\u00e8bre du XIX<sup>e<\/sup>si\u00e8cle qui \u00e9crivait chaque ann\u00e9e une chanson de carnaval nouvelle, ses disciples du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, Jean Chatroussat et Jean Wispelaer. Il montre comment les chansons \u00e9voluent, du flamand au fran\u00e7ais, comment un mot en remplace un autre consonnant, du fait de la transmission orale et de la perte du sens original. Il signale l\u2019importance du livre de Jean Denise \u00ab&nbsp;Les Enfants de Jean Bart&nbsp;\u00bb (1975), qui a suscit\u00e9 des vocations chansonni\u00e8res, chez les Kakestek d\u2019abord, puis chez les Prout, auxquels on doit par exemple l\u2019incontournable&nbsp;\u00ab&nbsp;Hommage \u00e0 C\u00f4-Pinard&nbsp;\u00bb (sur l\u2019air d<em>\u2019Amazing Grace<\/em>). Dans un blog plus r\u00e9cent (2015) intitul\u00e9<em>&nbsp;Nord Escapade<\/em>, blog de tourisme et de randonn\u00e9e en Nord-Pas de Calais, on d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lorsque l\u2019on fait carnaval, mieux vaut connaitre par c\u0153ur les chants entonn\u00e9s par les carnavaleux ! D\u2019une part pour ne pas passer pour un \u00ab&nbsp;touriste&nbsp;\u00bb et d\u2019autre part, pour s\u2019\u00e9clater un maximum !&nbsp;\u00bb. Le magazine propose \u00e0 ses lecteurs une s\u00e9lection des textes \u00ab&nbsp;le plus couramment chant\u00e9s dans les bals et les bandes&nbsp;\u00bb et publie un lexique pour percer le myst\u00e8re du dialecte dunkerquois. Le choix est parfois un peu moins cr\u00fb que celui des P\u2019tits Louis qui organisent le bal de l\u2019Oncle C\u00f4, mais le r\u00e9pertoire est plus ou moins le m\u00eame. Les chansons parlent toujours des m\u00eames choses&nbsp;: le carnaval lui-m\u00eame (\u00c0 Dunkerque quand vient le carnaval, Ah qu\u2019elle est courue, la p\u00eache \u00e0 la morue&nbsp;\u00bb), les hommes et les femmes (\u00c0 la tienne Etienne &#8211; ou l\u2019on substitue le mot \u00ab&nbsp;gueuse&nbsp;\u00bb \u00e0 celui de \u00ab&nbsp;garce&nbsp;\u00bb), l\u2019amour (Ah L\u00e9on, ah Louise). Le blog pr\u00e9sente aussi des parodies de chansons du d\u00e9but du si\u00e8cle (Le Chat noir) ou des ann\u00e9es folles (La Cakewalk).<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui vivent et font vivre le carnaval assignent aux chansons un r\u00f4le particulier, qui explique le renouvellement important du corpus, \u00e0 l\u2019inventaire d\u2019ailleurs incertain. Ce processus est fatal aux chansons en flamand, langue que ne pratiquent plus la majeure partie des carnavaleux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les chansonniers de r\u00e9f\u00e9rence, les Prout \u00e9taient initialement un groupe de quatre copains, carnavaleux habitu\u00e9s \u00e0 chanter leurs propres chansons dans les chapelles et dans les bandes. M\u00eame s\u2019ils sont aujourd\u2019hui dix chanteurs et vingt musiciens &#8211; tous de la c\u00f4te &#8211; ils sont rest\u00e9s des amateurs, des b\u00e9n\u00e9voles qui chantent dans l\u2019esprit philanthropique original du carnaval et r\u00e9sistent \u00e0 la professionnalisation. Les chansons des Prouts sont arriv\u00e9es au moment o\u00f9 les gens oubliaient le r\u00e9pertoire traditionnel au profit d\u2019autres chansons qui relevaient davantage de la chanson et de la f\u00eate en g\u00e9n\u00e9ral, mais beaucoup moins du Carnaval de Dunkerque proprement dit. Les cr\u00e9ations du groupe d\u00e9crivent la vie dunkerquoise, avec une belle touche d\u2019auto-d\u00e9rision et beaucoup de parler dunkerquois. Leur premier enregistrement, financ\u00e9 par les Corsaires, \u00e9tait un vinyle 33 tours enregistr\u00e9 chez Porel en 1988, dont 1000 exemplaires sont partis tout de suite. Ils en ont fait six autres ensuite. Ils participent tous les ans au Carnaval, et \u00e0 des festivals dans de grandes villes de province, mais font aussi des spectacles (leur premier Olympia, en 2005, a \u00e9t\u00e9 vu plus de 2000 Dunkerquois venus expr\u00e8s par bus).<\/p>\n\n\n\n<p>Les Masquelour Blouse Band sont quasi contemporains des Prout, et comme eux ils ont d\u00e9marr\u00e9 \u00e0 quatre copains (ils sont aujourd\u2019hui huit interpr\u00e8tes) mais ce ne sont pas auteurs-compositeurs interpr\u00e8tes. Ils \u00e9crivent des paroles (en fran\u00e7ais m\u00e2tin\u00e9 de termes dunkerquois) sur des musiques de rock et de blues tr\u00e8s connues&nbsp;(les Beatles, Henri Salvador, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Jacques Dutronc, etc) :&nbsp;&nbsp;des parodies, dont l\u2019inspiration vient de quelque chose de v\u00e9cu lors du carnaval. Ils les interpr\u00e8tent&nbsp;<em>a cappella&nbsp;<\/em>dans des chapelles avant de les jouer en concert, avec un accompagnement fourni, qui donne lieu \u00e0 des enregistrement&nbsp;<em>live<\/em>&nbsp;(notamment aux 4Ecluses), dont le premier remonte \u00e0 2005.&nbsp;<br>Ces groupes existent donc depuis plusieurs d\u00e9cennies. Ils ont jou\u00e9 un r\u00f4le dans le r\u00e9investissement actuel dans le carnaval, dont ils \u00e9taient d\u00e9sireux de transmettre l\u2019esprit de libert\u00e9 et de&nbsp;partage. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 la cible d\u2019un autre projet. En 2010, le projet \u00ab&nbsp;Tu la connais&nbsp;?&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 par Emile Hibon, pr\u00e9sident de l\u2019association les Peulemeuches et promu par l\u2019ABCD (qui regroupe les associations organisant les bals de carnaval au Kursaal). Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9, avec le concours de plusieurs \u00e9coles et de plus de mille enfants, qui ont appris les chansons en version expurg\u00e9e (Marie Patate a les pieds plein d\u2019herbe), le texte et la musique ayant \u00e9t\u00e9 revu par C\u00f4-Schlok II, Jean Chatroussat, des carnavaleux, des instituteurs et des musiciens (Pascal Bonne). Il s\u2019agissait \u00e0 la fois de revenir au r\u00e9pertoire et de donner aux \u00e9l\u00e8ves de primaire une \u00ab&nbsp;\u00e9ducation carnavalesque&nbsp;\u00bb. L\u2019Office de tourisme \u00e9tait charg\u00e9 de la diffusion du CD.<br>Au total, les chansons du Carnaval de Dunkerque sont une illustration de la vie et de la m\u00e9tamorphose continuelle de la tradition.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S.-A. Leterrier<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chansons de carnaval sont un terme g\u00e9n\u00e9rique qui d\u00e9signe les chansons \u00e9labor\u00e9es au XIXe&nbsp;si\u00e8cle par les soci\u00e9t\u00e9s chantantes dans le Nord et le Pas-de-Calais, imprim\u00e9es et vendues au moment du carnaval de fa\u00e7on d\u00e9rogatoire. La plupart sont bien oubli\u00e9es, m\u00eame si des fonds importants subsistent dans certaines biblioth\u00e8ques de la m\u00e9tropole lilloise. 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